Auteur :collectif
créé le :06-01-2010
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Non à la destruction des maisons des familles fran?aises rapatri?es d?Indochine à Sainte-Livrade sur Lot ! Non à leur relogement forc? ! Pour que les anciens vivent comme ils le font depuis plus de 50 ans !
Le 20 juillet 1954, prenait fin la première guerre d?Indochine qui fit plus de 90 000 morts c?t? fran?ais et 500 000 c?t? vietnamien. En 1956, les derniers Fran?ais d?Indochine (pour beaucoup des familles eurasiennes et afro-asiennes de soldats tomb?s à Dien Bien Phu ou sur d?autres champs de bataille) qui s??taient mass?s autour de Saïgon, dans d?innombrables camps g?r?s par les troupes coloniales, furent, au nombre de 45 000, rapatri?s en France.
Comme les harkis par la suite, après les accords d?Evian du 18 mars 1962, ils furent plac?s dans des camps d?sign?s par l?euph?mique « Centre d?Accueil des Rapatri?s d?Indochine? ou d?Alg?rie ». Après la r?volte de la jeunesse harkie en 1975, le gouvernement choisit de fermer les camps sauf celui de Sainte-Livrade sur Lot (Lot et Garonne) où vivent encore une centaine de personnes, et cinq fois plus durant les cong?s. Aucune mesure d?int?gration sociale et urbaine n?ayant jamais ?t? prise, et exclu de tous les dispositifs de r?paration et d?indemnisation, ce camp est devenu comme un territoire d?outre-mer de l?ex-Indochine, rescap? d?un moment tragique de l?Histoire, avec ses codes ancestraux, son imaginaire, sa culture et sa langue, sa coh?sion et sa solidarit?.
Aujourd?hui, la ville de Sainte-Livrade sur Lot, qui se plaint de ne plus être subventionn?e, a livr? le camp aux bulldozers des promoteurs. Avec l?accord de l?Etat et de l?Agence Nationale pour la R?novation Urbaine (ANRU), ils entendent raser le camp et ainsi faire dispara?tre les derniers t?moins du conflit indochinois, soit une quarantaine de personnes, sans jamais leur demander leur avis. Ceux-ci, qui ont consciemment ou non, avec raison ou non, pris fait et cause au temps de leur jeunesse pour une Indochine dans le cadre de l?UNION FRANCAISE, ont tous plus de 80 ans, connaissent des troubles li?s à l??ge, sont parfois lourdement handicap?s, et ne parlent même pas fran?ais pour certains. Est-il normal que leurs sp?cificit?s n?aient jamais ?t? discut?es par les acteurs de la r?novation urbaine, lesquels pr?voient de les faire d?m?nager deux fois dans des op?rations tiroir, ce qui risque de les achever ? La centaine de rapatri?s d?Indochine habitant ce camp, parmi lesquels se trouvent des survivants de la guerre, ont pourtant d?jà ?nergiquement refus? de le voir raser et avec lui 50 ans de leur vie mais en vain : il a ?t? d?cid? de les d?raciner une seconde fois.
Les signataires de la pr?sente estiment ce projet scandaleux et exigent l?arrêt imm?diat des op?rations de d?molition et l'ouverture de discussion au plus haut niveau avec les habitants du camp de Sainte-Livrade sur Lot autour d?un projet commun de r?habilitation ax? sur la r?novation de l?existant et non la pure d?molition. Ils r?clament que ce camp et son esprit soient reconnus comme partie int?grante du patrimoine culturel et historique de la France
Nom, Pr?nom Adresse postale profession signature
Collectif pour la sauvegarde du CAFI de Sainte-Livrade sur Lot (CSCSL) c? L?on Nguyen, 6, rue Riquet, 75 019-Paris

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