Monsieur Jim Prentice,
Ministre de l’Environnement et responsable
du Service canadien de la faune
Hôtel du gouvernement du Canada
Ottawa, Ontario
Nous sommes un groupe de chasseurs d’oiseaux migrateurs et nous voulons soumettre à votre attention un certain nombre de commentaires qui permettront de corriger des situations que nous trouvons inacceptables.
Pour nous présenter, je vous informe que nous sommes nombreux et que nous avons l’occasion d’échanger sur des forums de discussion par le biais des liens électroniques, internet. En outre, nous pratiquons la chasse depuis plusieurs années, et ce, plusieurs dizaines de fois par année. Nous le faisons également en respectant un code d’éthique rigoureux qui peut se résumer ainsi : nous respectons la Propriété privée, nous respectons les Règlements, nous respectons les Oiseaux et nous respectons la Sécurité. Ainsi, nous pouvons nous considérer comme des PROS.
Nous souhaitons améliorer la récolte des oiseaux migrateurs, notamment l’oie des neiges et la bernache, deux espèces actuellement en explosion démographique et qui occasionnent d’importants dommages aux récoltes des agriculteurs. Ces dommages se produisent autant pendant les migrations du printemps que de l’automne. Nous vous présentons des suggestions et nous avons la prétention de croire que ces avenues auront pour effet de réduire les dommages aux cultures, diminuer les pertes économiques des agriculteurs en sauvegardant les cultures et en diminuant les sommes d’argent investies dans l’effarouchage, méthode qui jusqu’à maintenant s’est révélée peu efficace.
Nous souhaitons que le gouvernement fédéral reprenne le contrôle et la gestion de la chasse aux oiseaux migrateurs. Sous la pression de citadins soudainement établis en campagne, de nombreuses municipalités rurales au Québec ont adopté des règlements qui interdisent la décharge d’arme à feu considérée comme une nuisance publique. Cette réglementation a eu pour effet de voir affluer dans ces localités des troupeaux d’oiseaux migrateurs qui s’empressent de causer des dommages aux cultures, entre autres à la luzerne, et l’agriculteur va devoir attendre deux ans avant de pouvoir récolter une plante fourragère essentielle pour l’alimentation de ses bêtes.
Le cas de la bernache risque de poser des problèmes de sécurité dans les années qui viennent. En effet, cet oiseau, dont le poids varie de trois à cinq kilos et parfois plus, peut devient agressif surtout envers les enfants. D’ailleurs, aux États-Unis, la bernache a été déclarée oiseau nuisible au même titre que la corneille. Au Québec, la ville de Terrebonne est littéralement envahie par des troupeaux de bernaches. La chasse dans le milieu péri urbain et à proximité des aires de villégiature des citadins incite alors l’oiseau à retourner dans le milieu où il peut le mieux se protéger : les cours d’eau et les abris naturels en bordure, où il y a peu d’activités humaines.
Nous souhaitons également que vous rétablissiez une exigence qui a été abolie en 1999, soit l’obligation d’installer une cache avec un minimum de 12 appelants dans un rayon de moins de 100 mètres de la cache. L’abolition de cette obligation a rouvert la porte à une pratique ancestrale et déplorable que nous appelons le «rampage». Ainsi, un individu qui voit des oies ou des bernaches (des appelants ou de véritables oiseaux) dans un champ pénètre, sans autorisation du propriétaire, parfois avec un véhicule moteur, pour aller faire feu sur des animaux au repos ou en phase d’alimentation. Cette technique discutable de chasse a pour effet de disperser le troupeau d’oiseaux et ainsi disperser à tout vent le problème. Encore plus d’agriculteurs sont confrontés aux dommages occasionnés par les oiseaux dans leurs champs.
Cette forme de chasse, qui n’est pas éthique, engendre une foule de problèmes pour l’agriculteur, notamment par l’abandon de cartouches vides qui sont laissées sur place et qui entravent le travail de la machinerie agricole. De plus, des bourres de plastique sont également laissées sur place, car ce chasseur «voleur» doit se sauver avant de se faire prendre par le propriétaire. Les bourres seront souvent mangées par les animaux de ferme ou d’élevage. Elles occasionneront divers problèmes digestifs pouvant entraîner la mort d’animaux de grande valeur. Dans ce contexte, il est facile de comprendre que les agriculteurs ne sont pas prêts à donner l’autorisation de chasser dans leurs champs même à des gens qui se veulent honnêtes et respectueux de la propriété d’autrui. En effet, le code d’éthique nous oblige à récupérer tous les déchets du site de chasse en même temps que nous récoltons la totalité des oiseaux abattus.
Depuis deux ou trois ans, nous avons vu apparaître une nouvelle forme de «rampage». Des individus peu scrupuleux, à bord de leur voiture, utilisent des carabines pour faire feu en direction d’installation d’appelants utilisés pour attirer les oies ou les bernaches. D’ailleurs, un cas particulièrement pénible est survenu, le 11 octobre 2007 dans la région du Bas-Saint-Laurent, plus précisément à Sainte-Flavie, alors que M. Jocelyn Léger, guide respecté et talentueux, a été atteint d’une balle de carabine en pleine tête. Il est décédé sur le coup.
Le retour de l’obligation de la cache et des appelants en milieu agricole devrait inciter les «rampeux» à plus de courtoisie, notamment en demandant l’autorisation au propriétaire avant de s’installer dans son champ. L’abolition du rampage devrait être en tête de liste des correctifs à apporter à la réglementation sur la chasse aux oiseaux migrateurs.
La chasse de pourtour permet d’avoir une chasse productive. Cette technique prônée par le Service canadien de la faune est considérée comme étant la plus efficace. Nous pouvons vous dire que nous l’avons expérimentée. D’ailleurs, la présence de deux ou trois chasseurs dans un champ pendant quelques heures a pour effet d’éloigner le troupeau d’oies ou de bernaches pour plusieurs jours alors que l’utilisation de dispendieux équipements d’effarouchage va éloigner les oiseaux pendant quelques heures seulement.
Par ailleurs, si les autorités acceptaient de mettre sur pied des programmes de sensibilisation et d’information sur les retombées positives de la chasse auprès des agriculteurs, nous sommes convaincus que les associations et regroupements de chasseurs d’oiseaux migrateurs des diverses régions du Québec se feraient un plaisir de soutenir et d’encourager de telles campagnes. Les agriculteurs redécouvriraient les bienfaits d’une chasse bien faite, capable de réduire le nombre d’oiseaux qui deviennent des prédateurs de leurs productions agricoles.
Par ailleurs, plusieurs petites communautés pourraient profiter du passage des oiseaux migrateurs pour en tirer un réel profit économique. En plus des agriculteurs, les hôteliers, les restaurateurs, les dépanneurs, les commerces d’essences et les boutiques de sports profiteraient aussi du passage des chasseurs dans leur région.
Depuis quelques années, le nombre de candidats au cours canadien de sécurité dans le maniement des armes à feu est en croissance continuelle. Les moniteurs entendent régulièrement les doléances des proches de ces candidats sur le nombre restreint de sites accessibles pour pratique ce sport de plein air qui relève de nos traditions et de notre culture de coureurs des bois.
En conclusion, nous nous sommes passé le mot, vous recevrez plusieurs de ces lettres. Elles veulent former une pétition virtuelle par le biais de l’internet et nous vous demandons de bien vouloir prendre en considération nos doléances et étudier nos suggestions soit :
Compte tenu de l’explosion démographique des troupeaux d’oies des neiges et des bernaches et des dommages que ces oiseaux occasionnent aux cultures, nous demandons :
Que le gouvernement du Canada, dans le cadre des activités du Service canadien de la faune, reprenne en main le contrôle et la gestion de la chasse aux oiseaux migrateurs au Québec ;
Que le Service canadien de la Faune s’engage dans une campagne de sensibilisation et d’information auprès des agriculteurs sur les bienfaits de la chasse sportive aux oiseaux migrateurs responsables de la dégradation des cultures fourragères ;
Réintroduire l’obligation de l’installation d’une cache avec un minimum de 12 appelants à moins de 100 mètres sur un site de chasse en milieu agricole ;
Nous souhaitons, Monsieur de ministre, que ces commentaires et suggestions pourront être acceptées et devenir réalité au cours des prochaines années.
Nous vous remercions de l’attention consacrée à la présente.
(Nom du signataire)
(Adresse du signataire)
(Numéro de téléphone)
c. c. : Service canadien de la Faune
Monsieur (député de ma circonscription électorale fédérale)
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