Auteur :Michel Morin
créé le :07-06-2010
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Attendu que dans notre société, l’hypersexualisation chez les ados est omniprésente et que les progrès de l'Internet n'ont fait qu'amplifier cette tendance.
D'une génération à l'autre, les adultes ont vu reculer les limites de la pudeur, de la décence et de la moralité. Les définitions se sont adaptées, mais les cloisons qui maintenaient les jeunes en dehors de ce monde s'abattent elles aussi. Aujourd'hui, adolescents et préadolescents sont abondamment exposés à des images à caractère sexuel. Depuis quelques années, les sites Internet consacrés au sexe génèrent tellement d'argent qu'il ne faut pas s'étonner que leur nombre soit en croissance exponentielle. Pour les mêmes raisons, on ne doit pas s'attendre à ce que cette tendance se renverse bientôt.
Attendu que l'Internet est un outil d'exploration sexuelle
Les jeunes sont curieux. C'est à la fois leur force et leur talon d'Achille. Internet leur offre des milliers, voire des milliditionnels (télévision, magazine, vidéoclips) présentent parfois des adolescents ou préadolescents dans des vêtements ou des situations érotiques pour vendre des produits. Cette hypersexualisation fait éclater le cadre traditionnel et attribue maintenant un caractère sexuel à des objets, des comportements ou des personnes qui n'en possèdent pas en soi.
Attendu que la pornographie laisse des séquelles
Selon l'avis des chercheurs, cette hypersexualisation envahissante contamine la perception qu'ont les jeunes de la sexualité et aura des conséquences sur leurs rapports homme-femme à l'âge adulte, tout comme le cadre rigide et culpabilisant de la religion a laissé des traces sur la sexualité des gens qui ont grandi dans les années 50 et 60. De la même façon, une première excitation sexuelle va être marquante chez les jeunes et ce contexte spécifique sera érotisé et codé, laissant une empreinte dans leur mémoire. Ils seront d'autant plus impressionnables qu'ils n'ont aucune expérience préalable, donc un sens critique non développé, et qu'à cette étape de leur vie, leur physiologie sexuelle est en pleine ébullition. Chez les garçons, même une scène anodine peut provoquer une érection. Plus lente physiologiquement, la fille sera généralement moins excitée mais codera un comportement donné comme la norme. Parce qu'elle veut faire partie d'un groupe, séduire et conserver un partenaire, elle aura tendance à se conformer aux demandes du partenaire reliées à la norme qu'elle a enregistrée. L'univers qu'on retrouve trop souvent sur Internet propose une sexualité adulte déviante avec des images fortes qui peuvent impressionner même un adulte expérimenté. Pour des jeunes plus vulnérables, ces images sont comme des virus informatiques qui s'insinuent dans l'imaginaire et influencent la perception qu'ils ont de la sexualité, souvent à long terme.
Attendu que le cyber fantasme est explicite et toxique
Les avancées technologiques permettent même des sites de partage vidéo qui ouvrent la porte à une banalisation du voyeurisme et de l'exhibitionnisme. N'importe quel individu peut aujourd'hui partager son intimité avec le monde entier. Les adolescents ont souvent de la difficulté à distinguer le fantasme de la réalité. Sur ces sites de partage vidéo, ils retrouvent des gens ordinaires, des jeunes de leur âge, dans des maisons qui ressemblent à la leur, impliqués dans des activités sexuelles explicites. Ils pourraient en conclure que c'est ainsi que les autres jeunes vivent dans cette «cyber-réalité» (Webcam) et voudront se conformer à cette norme.
Attendu qu'il existe déjà des preuves scientifiques provenant de recherches par imagerie par résonance magnétique fonctionnelle (IRMF), mettant en évidence que la pornographie provoque des effets négatifs sur le cerveau humain.
L'âme humaine est très fragile, et dès les premières années d'un adolescent, sa personnalité peut être sérieusement altérée selon des expériences personnelles vécues, une éducation basée sur des principes immoraux ou mal encadrée. Dans les années 90, les chercheurs en neuroscience ont commencé à faire toutes sortes de découvertes qui permettent de croire qu'à cinq ans, que le cerveau est loin d'avoir terminé son développement. En fait, il apparaît qu'à cet âge, 95 % du cerveau est développé, les parties du cerveau les plus avancées ne terminent pas leur développement avant la fin de l'adolescence. On a découvert que, durant l'adolescence et même jusque dans la vingtaine, de nombreux changements avaient lieu dans certaines parties du cerveau, notamment dans le cortex préfrontal. Nos ados ont besoin de nous pour les soutenir et les guider pendant cette période de grands changements. Cependant, jusqu'à 12 à 14 ans, les cas les plus spectaculaires ont trait aux émotions. Les enfants victimes de négligence grave peuvent avoir de la difficulté à tisser des liens sociaux parce qu’ils sont incapables de comprendre les gens autour d’eux ou de saisir leur point de vue.
Attendu que la science actuelle nous enseigne que cerveau humain possède la faculté de renforcir un comportement précis, lors de certaines expériences, et en particulier sur le plan sexuel, en récompensant systématiquement notre corps de drogues naturelles très puissantes qu'on nomme dopamine et phényléthylamine. Lorsque la récompense dopaminique découle d'un comportement provoqué par la pornographie, il y a risque d'une répétition incontrôlée qu'on appelle "dépendance" et il s'ensuit alors une altération de la personnalité qui risque affecter l'individu toute sa vie. Sur le plan du développement sexuel, l'adolescent qui découvre le plaisir sexuel par l'excitation pornographique, hypothèque sérieusement son équilibre d'une saine perception de la sexualité. Je compare l'altération des émotions de l'adolescence causée par la consommation de prornographie par exemple à un bouquin de 400 pages qu'on a oublié sur une table extérieure et que la pluie a trempé. Même après un bon séchage, les pages du livre seront toujours un peu gondollées, et pour restaurer ce livre à son état initial, cela nécessitera beaucoup d'efforts sinon ce sera impossible de jamais y parvenir. La dépendance à la pornographie rejoint celles des drogues dures et de l'alcoolisme. Tout comme la solidité d'une chaîne ne sera jamais supérieure à celle de son maillon le plus faible, la victime dépendante de pornographie sera toujours dépendante, tel l'alcoolique sera toujours alcoolique, même après 50 ans de sobriété.
À partir des énoncés précédents, le signataire de cette pétition demande aux diverses instances politiques, aux dirigeants élus et ceux qui sont en position d'autorité, d'établir de façon incontestable que la pornographie représente et renforce des comportements, des attitudes et des activités allant à l’encontre de l’égalité des hommes et des femmes et que la pornographie présente comme étant normales et louables des images avilissantes, ce qui a pour effet de perpétuer des mensonges sur la nature humaine et des femmes et de nier leurs aspirations à l’égalité et à la plénitude de leurs droits humains. En outre il est demandé aux autorités de reconnaître l’existence de préjudice moral et physiologique à la société, et de tenir responsable l'industrie pour adulte mettant en ligne des sites Internet au contenu pornographique trop facile d'accès pour les jeunes de moins de 18 ans, et de reconnaître les risques élevés de dépendance à la consommation de matériel pornographie sur Internet pour les personnes d'âge mineur.

Vous pouvez poster vos commentaires mais n'oubliez pas de signer la pétition.