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Contre la rétention du savoir



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créé le :08-02-2012

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Contre la rétention du savoir

 

Pour une modification des conditiions de prêt et du mode de vie de la bibliothèque

 

Qu'est-ce-qu'une bibliothèque au sein d'un établissement d'études supérieur ?

Un endroit de stockage les ouvrages prennent la poussière ?

Un lieu intimidant, l'on se perd dans le dédale ?

 

Pour nous, elle est à la base de la vie étudiante : elle permet la recherche de l'esprit autodidacte, l'accès au savoir étendu et le début d'un mouvement qui permet de sortir de soi et du confort des enseignements d'amphithéâtre.

Elle devrait être l'étincelle de la curiosité intellectuelle des étudiants, le lieu de la découverte et d'une autre pédagogie, plus souple et plus motivante puisque la sienne propre.

 

Peter Sloterdijk débute ainsi sa trilogie des Sphères : "Puisse se tenir loin de ces lieux celui qui n'a pas la volonté de louer le transfert et de réfuter la solitude".

 

 

 

Ce que nous demandons dans les conditions de prêt :

 

- Un allongement du temps de prêt, passant ainsi d'une à deux semaines de prêt.

Nous croit-on si peu investis dans nos études que nous ayons en une semaine le temps nécessaire à nos lectures ?! Pense-t-on les livres si peu intéressant qu'une semaine suffisent à leur compréhension et leur approfondissement ?

Cela n'a rien d'extravagant, nous en donnons la preuve dans l'annexe sur les autres bibliothèques parisiennes (V. Annexe 1).

 

- Un assouplissement du logiciel informatique de prêt.

A-t-on si peu d'estime pour les bibliothècaires pour les asservir à un ordinateur ? Combien de fois entend-t-on ce terrible aveu : "Désolé mais je ne peux rien faire pour vous, c'est la machine". Nous pensons indispensable que les responsables de prêt puissent utiliser le papier ou à défaut de conditions informatiques plus favorables pour leur permettre d'assouplir la discipline militaire qui régit les prêts.

V. Annexe 2 sur les situations absurdes.

 

- Une amnistie de l'incarcération du savoir le dernier jour ouvré avant les vacances, pour pouvoir partir les poches remplies.

Nous voulons que les "vacances" puissent être l'occasion de s'enrichir par soi-même et d'approfondir ses lignes de fuite personnelles. Alors levons l'interdiction d'emprûnt le dernier jour avant de quitter l'école. Le temps libre dans les études d'architecture est suffisament rare pour qu'on nous bloque les portes de la lecture au moment même nous pourrions nous y atteler à profit.

 

 

 

 

On voudra nous faire croire qu'il y a une queue permanente au service d'emprûnt ? Que étudiants soient si avides de connaissances qu'il faille les rationner ?

Cela serait au moins le signe positif du dynamisme de la bibliothèque. Or il semblerait qu'il n'y ait pas de foule permanente se bouscoulant pour accéder à leurs lectures, et l'on constate même une baisse statistiques des emprûnts.

On nous dira "que les retardataires n'ont qu'à s'en prendre à eux même" ? Mais doit-on imposer une rigueur carcérale à l'endroit même nous devrions apprendre à nous ouvrir au monde, par la lecture et les idées ?

Voudriez vous dégouter les étudiants des livres par des logiques policières ?

 

 

 

Ce que nous demandons dans le mode de vie :

 

Nous ne dirons rien de l'aprêté proverbiale des bibliothécaires.

Nous demandons simplement que la bibliothèque soit un lieu de vie, et non de passage. Que des initiatives nouvelles attisent la curiosité des étudiants, leur donnent envie de lire et de découvrir.

Or on ne peut prétendre que l'institution mette tout en oeuvre pour donner vie au savoir. Nous nous refusons d'avoir si peu d'estime pour les bibliothécaires pour les laisser dans ce rôle de machines abstraites qu'elles ont malheureusement aujourd'hui.

Voici quelques propositions qui pourraient redonner un peu de sens à bibliothèque comme lieu, quelques jalons pour un teritoires d'aventures :

 

 

- Une mise en valeur des nouveautés.

Chacun se doit de s'orienter dans notre époque et de connaître et prendre position par rapport aux balises historiques, théoriques ou sociales qui jalonnent notre actualité. Or nous voyons bien que la bibliothèque fait des efforts pour se tenir à jour des nouveaux ouvrages qui sont publiés, en prenant même parfois en compte l'avis des étudiants.

Mais comment pouvons-nous en être au courant ? Il faudrait mettre en avant ces arrivages et nouveautés, avec pourquoi pas une brève donnant en quelques phrases l'orientation du livre, comme on le voit dans les librairies dynamiques qui veulent partager.

 

- Des bibliographies indicatives, non-exhaustives.

On voit déjà les enseignants monter sur leurs grands chevaux. Mais il s'agit pas ici de remplacer quoi que ce soit, mais simplement de donner des pistes, des directions. Avez-vous déjà vu la tête d'un étudiant en premièer année qui vient à la bibliothèque chercher autre chose qu'Espèce d'espaces de Perec ?

Il s'agit pas d'être exhaustif, d'être autoritaire ou de prétendre avoir la bonne parole. Mais d'accompagner de façon plus subtile les tatônnements des étudiants.

On pourrait par exemple imaginer un grand réseau de références participatif et toujours en évolution. (V. Annexe 3, projet du journal étudiant Polyèdre).

 

 

 

- On pourrait par exemple, sur un mode plus ludique, établir des statistiques pour les livres les plus empruntés, ou les moins empruntés, resortir les vieilleries. On pourrait travailler la matière de tout les PFE qui s'entassent dans les armoires, en mettre en valeur certains autour de thèmes choisis par les étudiants et les bibliothécaires, leur donner une visibilité. On pourrait mettre en avant et donner des informations sur les publications des Editions la Villette.

 

Un peu d'imagination et de volonté ! Nous encourageons le personnel en place à aller dans les bibliothèques municipales de la ville de Paris ou dans les librairies indépendantes, qui sont le plus souvent réellement investies dans la vie de leur établissement.

     

 

 

            Engager un peu plus les étudiants à faire vivre et à vivre d'une bibliothèque, c'est s'engager pour un savoir plus vivant et plus démocratique. Nous ne sommes pas tous issus de milieux favorisés, habitués depuis l'enfance au contact des lieux de savoirs. Or si savoir rime avec pouvoir, nous voyons dans ce lieu l'occasion pour chacun de s'émanciper de sa situation, de s'émanciper des réflexes pédagogiques traditionnels et de commencer à se poser des questions par soi-même. Faire de la bibliothèque un lieu dynamique, c'est pousser des étudiants à être avant tout des individus autodidactes, des citoyens éclairés.

 

 

 

Annexe 1 :

 

 

Belleville :               3 livres /                   2 semaines

Val-De-Seine :                     2 livres /                   2 semaines

Malaquais :             3 livres /                   2 semaines

Versailles :              4 livres /                   2 semaines

 

Présentation de la bibliothèque de l'ENSA Nantes :

 

Si sa mission première est de mettre à disposition des étudiants et enseignants de l’école une documentation adaptée à l’enseignement dispensé dans l’établissement, la bibliothèque est aussi un lieu de ressources régional, s’adressant à tout public, professionnel ou non, et désirant se documenter sur l’architecture, l’urbanisme ou les arts appliqués. La consultation sur place est libre. Possibilité de prêt moyennant l'achat d'une carte de lecteur (de 26 € à 42 €, gratuit pour les lecteurs de la bibliothèque universitaire).

 

(www.nantes.archi.fr)

 

 

Annexe 2 :

 

 

 

Situation absurde 1 :

            Un étudiant oublie de rendre ses livres au mois de Juin. La bibliothèque étant fermée, il doit attendre le mois de septembre. En rentrant, surprise : on lui a compté tout les mois de retard, et il devra attendre encore plusieurs mois pour emprunter ses livres.

 

Situation absurde 2 :

            Un étudiant de première année souhaite consulter un P.F.E. pour comprendre plus en avant les enjeux de ses études. On le lui refuse sans autres explications que l'existance du saint règlement.

 

Situation absurde 3 :

            Interdiction systématique de scanner des documents autre que les documents de la bibliothèque, tant bien même la pauvre machine resterait inactive pour la journée.

            Avant de se cacher derrière une potentielle anarchie, a-t-on au moins essayé une utilisation plus souple ?

 

Situation absurde 4 :

            Les étudiants qui travaillent à la bibliothèque profitent du calme, du chauffage et de l'accès aux livres. Mais doit-on privilégier le papier et le dédale de rayonnages de façon si exclusive qu'aucun accès à internet ne soit disponible ?!

            Les recherches, du T.D. de première année à la thèse conséquente, profiteraient toutes d'un accès à internet, cette autre espèce de bibliothèque infinie à la Borges.

 

Situation absurde 5 :

            J'ai choisi trois livres épais de la bibliothèque pour paraître intelligent. Or si je souhaite les prolonger, je dois venir avec efforts les apporter à la bibliothèque pour les scanner.

 

            On arrêtera ici par peur de manquer de respect aux personnes qui travaillent à la bibliothèque ; mais des situations pareilles sont monnaie courante dans ce circuit instituionnel bouché et il nous semble important de les signaler. Autant de détails qui découragent les étudiants frileux et peu habitués à fréquenter les bibliothèques.

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