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Cliquez ici pour Rabie Kherouf : le devoir d'indignation



Auteur :Youcef Benzatat
créé le :27-09-2013

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Soutenir la grève de la faim de Rabie Kherouf, c'est soutenir le droit à la culture, le droit à l'information, la liberté d'expression en plus de soutenir le droit constitutionnel au travail et faire barrage et dénoncer les clans mafieux qui prennent nos institutions en otage, en l'occurrence, ici, l'information et la culture. C'est aussi faire barrage aux nuisances de tous ceux qui contribuent à la désinformation et à la promotion de la propagande nocive du système.

Rabie Kherouf : le devoir d’indignation

Pourquoi ne s’émeut-on pas devant un homme qui est en train de se laisser mourir par une grève de la faim et sommes-nous indifférents à autant d’expressions d’indignation de la part de citoyens, qui préfèrent mourir de la pire des souffrances, comme les harraga noyés et les immolés par le feu, que de subir l’humiliation et l’injustice. La perte de ces valeurs de dignité et du sentiment d’injustice, qui ont déserté nos valeurs en tant que société, est-ce  ! la société elle-même qui s’est perdu dans l’immoralité outrancière de l’image de prédation que lui renvoi les pratiques et comportements de nos dirigeants, orchestrés comme mode de gouvernance.

Rabie Kherouf, le journaliste-écrivain, traducteur et critique littéraire, romancier et animateur culturel de la radio locale de Annaba, dont la qualité de travail est revendiquée par ses auditeurs, qui a été mis à la porte comme un vulgaire intrus, tandis que la médiocrité népotique continue à peupler inutilement les studios, semble ne revendiquer, rien d’autre, qu’un minimum de son droit constitutionnel : le droit au travail. Mais n’est pas l’essentiel. Certes, le salaire est une nécessité qui permet au citoyen de vivre décemment, et le travail est une valeur sociale qui fonde le vivre ensemble et qui donne sens à l’organisation de la société, qui lui assure la prospérité et la sécurité, tout en lui garantissant la pérennité. Mais Rabie kherouf aime son métier. Il aime être utile à ses concitoyens. Il aime être au service de la culture au profit de ses auditeurs et partager avec eux le meilleur des valeurs citoyennes. Ce n’est pas le salaire en soi qui est la principale motivation de sa grève de la faim, pour cela, il aurait pu chercher un travail ailleurs. En plus de la revendication évidente d’un droit légitime, Rabie Kherouf, semble nous exprimer par sa grève de la faim quelque chose de plus important encore : le droit à l’indignation. Une forme de résistance à l’immoralité ambiante qui est en train de détruire l’humanité qu’il y a en nous et que le système de prédation de nos dirigeants a réussi à nous inculquer, jusqu’à sa normalisation et son intériorisation par la conscience collective dans l’expression populaire : « normal ». Par sa grève de la faim, Rabie nous exprime son indignation devant la motivation de son exclusion, qui n’est motivée, scandaleusement, que par une nuisance de sa part à une catégorie de personnes, qui prennent en otage une institution culturelle, en la détournant de son objectif naturel, pour en faire une entreprise de prédation. Dans une lettre adressée au Directeur Général de la Radio au mois de février 2013, Rabie écrivait : « Monsieur, j’ai consacré trois ans de ma vie à faire entendre ma voix sur les ondes de Radio Annaba que je considère toujours comme une deuxième famille pour moi, durant ces années nous avons travaillé matin et soir et même les jours de weekend et les jours de fêtes… nous avons assuré la qualité a nos auditeursnous avons assuré la diffusion des programmes qui ont fait parler de notre talent… nous avons sacrifié plein de chose afin d’arriver à obtenir une place dans les cœurs et les esprits des auditeurs de cette radio… Et pour exemple pendant Ramadhan passé j’ai quasiment travaillé pendant tout le mois sacré pendant les tranches d’après-midi et j’ai contribué à ce que l’audimat de notre radio s’élève a d’immense taux d’écoute …pendant que la moitié de notre personnel était au repos… moi qui touche neuf mille dinars par mois je travaille sans arrêt et les autres employés qui sont titulaires se reposent… »

Si le grand peuple se désagrège, par manque de moyens de défense face aux offensives destructrices des valeurs morales véhiculées par l’image de prédation que lui renvoi les pratiques et comportements de nos dirigeants, orchestrés comme mode de gouvernance, pourquoi nous autres, nous ne nous émouvons pas et sommes indifférents à autant d’expressions d’indignation, qui dénoncent toutes sortes d’humiliations et d’injustices dans notre société ? Cela devrait pourtant susciter chez nous plus que de l’indignation, mais une franche implication et un engagement sincère à la recherche de remèdes, pour inverser le processus qui est en train de défaire la société et ses fondements. De même, que l’on devrait se joindre à tous ces patriotes, qui au péril de leur bien-être et de leur sérénité sont monté au front du refus de la fatalité pour exiger la fin de la confiscation de l’État et la restitution de la souveraineté au peuple. Parmi lesquels, on peut citer Ahmed Benbitour, ancien chef de gouvernement, Abdelaziz Rahabi, ancien ministre de la culture et de la communication, Sofiane Djillali, secrétaire national du parti Jil Jadid, Mohcine Belabbas,secrétaire national du parti RCD, Ahmed Adimi, colonel à la retraite et enseignant en sciences politiques à l’Université d’Alger, Mohand-Arezki Ferrad, ancien député du FFS, pour ne citer que ceux-là. Ou encore, Waciny Laredj, écrivain et universitaire, qui s’est indigné à son tour dans un message de soutien adressé à Rabie : « Le silence dans de pareilles situations n'est-il pas l'entame de l'acceptation de l'injustice comme fatalité ? Pourtant Rabie Kherouf ne demande rien d'insurmontable, juste la reconnaissance de son intelligence pour la mettre au service de son pays. Est-ce trop demandé ? Dans une société qui peine à trouver sa voie, la citoyenneté reste toujours à imaginer. On ne peut mettre à la porte, par décision unilatérale, des jeunes cadres qui ont donné le meilleur d'eux même. Chaque génération se croit vouée à refaire le monde comme disait Camus, mais celle de Rabie sait bien qu'elle ne le refera pas. Sa tâche est peut-être plus grande. Elle consiste à empêcher, que notre monde, se défasse dans un environnement l'intelligence s'est abaissée jusqu'à se faire servante de la haine et de l'oppression. La génération de Rabie essaie de restaurer un peu de ce qui fait la dignité de vivre et de mourir dans un monde menacé de désintégration les inquisiteurs risquent d'établir et pour toujours, le royaume de la mort. Je m'aligne, sans équivoque, sur la revendication juste et simple de Rabie et son droit de réintégration, d'une manière permanente, dans son poste initial. » 

 

Youcef  Benzatat

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