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Auteur :Chercher à gauche
créé le :05-07-2011

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Texte publié http://blogs.mediapart.fr/edition/les-invites-de-mediapart/article/230611/pour-un-front-de-gauche-des-chercheurs-et-enseisur Médiapart

Alors que les soulèvements populaires dans le monde arabe rappellent la portée universelle des revendications démocratiques, des valeurs d'égalité et de solidarité, les États européens s'enlisent dans des logiques régressives et à courte vue: obsession à l'égard de flux migratoires «incontrôlés», renforcement de l'austérité budgétaire, démantèlement de l'Etat social et mise en concurrence de tous contre tous. C'est ainsi que la crise sociale s'intensifie chaque jour et que la situation du plus grand nombre semble inéluctablement promise –si rien ne change- à une régression sans fin. Parallèlement, l'irresponsabilité face à la crise écologique planétaire empêche l'adoption de politiques d'urgence face au réchauffement climatique, à l'épuisement des ressources naturelles et aux multiples dégâts du productivisme, récemment illustrés par le désastre de l'industrie nucléaire japonaise livrée aux intérêts marchands.

L'horizon de la construction européenne, réduite à une monnaie, un marché et des sanctions budgétaires pour les États jugés «laxistes», se résume aujourd'hui au «pacte pour l'euro», véritable pacte contre l'Europe sociale promu par Nicolas Sarkozy et Angela Merkel. Comment s'étonner que, confrontés à ce genre de projet, les électeurs des classes populaires se détournent de la vie démocratique? En l'absence d'alternative réelle à ces politiques destructrices, le rejet de groupes stigmatisés (Roms, immigrés venus du Maghreb, «menace chinoise», etc.) et la surenchère dans les logiques sécuritaires prospèrent et font planer de lourdes menaces sur la cohésion sociale, voire sur la paix dans nos sociétés.

Il n'y a pas d'alternative politique crédible en dehors des forces qui rejettent sans ambiguïté la poursuite des politiques néolibérales et leur avatar «social-libéral» aujourd'hui à l’œuvre dans les plans d'austérité mis en place en Grèce, au Portugal, en Espagne. Ces forces de la «gauche de gauche» construisent l'unité dans la diversité des traditions, des ancrages sociaux, des cultures politiques, en liaison avec les mouvements sociaux qui tentent de résister aux politiques qui prétendent faire peser sur les fonctionnaires et les salariés les plus vulnérables le poids des ajustements financiers issus de la crise du capitalisme mondial. Elles articulent les réponses à la crise environnementale et à l'urgence sociale, sans aucune illusion sur la compatibilité entre une action écologique sérieuse et la poursuite de la mondialisation néolibérale. La convergence de ces résistances est plus nécessaire que jamais, dans les mobilisations comme dans les urnes. En France, le Front de Gauche incarne aujourd'hui cette dynamique unitaire qui entend peser sur le cours du monde. Il représente la perspective de la construction en France d'une «gauche de gauche» plus unie, plus cohésive, alliant radicalité dans les luttes sociales et capacité à transformer les institutions.

Les chercheurs et enseignants-chercheurs ont un rôle crucial à jouer dans la construction d'une alternative politique, économique et sociale à la fois nationale, européenne et internationale. Ils sont eux-mêmes confrontés aux menaces et aux attaques qui pèsent chaque jour un peu plus sur la liberté de la recherche et, simultanément, à l'extension rapide des logiques mercantiles qui mettent en cause les valeurs universelles associées à la quête désintéressée des connaissances et à ladiffusion des savoirs et des biens culturels. Dès lors, ils ne sauraient se contenter du rôle de «spectateur», fût-il «engagé», et ne peuvent rester indifférents à la dégradation rapide de l'état du monde. Au nom même de l'autonomie de l'activité intellectuelle, il est temps de réaffirmer les valeurs universelles qui en sont solidaires et de les faire entendre dans l'espace politique.

Cette exigence universaliste trouve un écho immédiat dans la situation française et européenne. Il s'agit aujourd'hui de subordonner réellement la finance à la démocratie, par des mesures immédiates et des régulations contraignantes et d'en finir avec le primat de la quête du rendement financier à court-terme sur tout autre objectif, qu’il soit social ou environnemental. La «crise des finances publiques» en Europe est avant tout le produit de la démagogie fiscale indissociable des politiques néolibérales, dont le «bouclier fiscal» n'aura été qu'une illustration symptomatique. Il s'agit ensuite de remettre à plat le système monétaire, fiscal et financier européen, de libérer les États de la pression des marchés financiers et de leur donner les moyens de mener les politiques publiques volontaristes indispensables pour faire face aux crises enchevêtrées dans lesquelles nous sommes plongés.

Ces orientations devront prioritairement reconstruire les secteurs sinistrés par les politiques d'austérité: environnement, éducation, recherche, santé, protection sociale. Elles lutteront résolument contre le chômage de masse et la précarité, y compris par le développement de l'emploi public à tous les niveaux, par des mesures de solidarité comme le partage du travail et l'instauration d'une sécurité sociale professionnelle, etc. Elles favoriseront le développement d'innovations scientifiques et techniques réellement utiles au bien-être collectif et à un développement soutenable. Elles supposent une volonté politique de tous les instants et à tous les niveaux: seule une planification écologique mobilisant activement le plus grand nombre sera à la hauteur des enjeux de la période.

C'est dans la perspective de travailler à ce projet au nom des valeurs démocratiques et de l'autonomie de l'activité intellectuelle, que nous proposons aux chercheurs et enseignants chercheurs de nous rejoindre dans un «Front de gauche des chercheurs et enseignants-chercheurs», unitaire et résolument attentif à la cohérence entre les discours politiques et les actes.

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Premiers signataires:

Stéphane Beaud, Professeur de sociologie, ENS
J. P. Deléage, Physicien, Directeur de la revue Ecologie et Politique
Bertrand Geay, Professeur de sociologie, Université de Picardie
Charlotte Girard, MDC Droit public, Université de Rouen
Stathis Kouvelakis, Philosophe, King’s College, Londres
Frédéric Lebaron, Professeur de sociologie, Université de Picardie
Patrick Lehingue, Professeur de sciences  politiques, Université de Picardie
Gérard Mauger, Sociologue, Directeur de recherche émérite, CNRS
Hélène Michel, Professeure de sciences politiques, IEP de Strasbourg
Louis Pinto, Sociologue, Directeur de recherches, CNRS
Frédéric Pierru, sociologue, CNRS
Bernard Pudal, Professeur de sciences politiques, Paris 10 Nanterre
Claude Poliak, sociologue, CNRS
Anne-Catherine Wagner, Professeure de sociologie, Paris 1.

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